Assiduité

Pourquoi faut-il être assidu à l’entraînement ?


L’entraînement assidu n’est pas tâche simple. Suite à une trêve, le retour est tout autant difficile. La réalité de la diminution de ses performances est frappante, la comparaison est attendue et la déception est éminente. Évidemment, les acquis à l’entraînement ne sont pas permanents. C’est ainsi que se décrit le phénomène de la réversibilité, l’un des principes fondamentaux à l’entraînement. Elle amène à focaliser sur l’assiduité lors de la planification, pouvant constituer une motivation pour certains et un obstacle pour d’autres.

La baisse du volume et de l’intensité d’entraînement mène à la dégradation des performances, mais à quelle vitesse s’effectue-t-elle? Une revue de littérature publiée en 2001 propose que la diminution de la capacité aérobie soit reliée au temps de désentraînement ainsi que le niveau de condition physique initial de l’individu. Autrement dit, la réversibilité touche chaque personne de manière différente.

La condition cardiorespiratoire s’image généralement par le biais de la consommation maximale d’oxygène (VO2max), la référence par excellence. Au cours, des 8 premières semaines d’inactivité, la diminution de la VO2max des athlètes peut dégringoler de 20% par rapport à la condition physique initiale, pour ensuite se stabiliser. Chez les non-athlètes, une pause de 2 semaines seulement éliminerait la majorité des acquis sur le plan cardiovasculaire. De ce fait, seulement 24% des gains induits par un entraînement par intervalle de 6 semaines chez de jeunes femmes en santé ont été conservés après 2 semaines d’arrêt. Sur une note plus optimiste, une pause de 2 semaines n’aurait pas d’impact significatif sur la VO2max des athlètes, du moins, pas de plus de 6%.
Au niveau des explications de la réversibilité, la littérature est insuffisante et conflictuelle, mais d’ordre général, la perte des capacités cardiovasculaires serait due à court terme au volume sanguin conduisant vers une augmentation de la fréquence cardiaque à l’effort sous-maximal ainsi qu’une diminution du débit cardiaque.

Les capacités respiratoires sont également affectées par le manque d’entraînement. Chez les nouvellement entraînés, la dégradation de la capacité pulmonaire est aussi rapide que le temps nécessaire à l’améliorer. En effet, suite à un entraînement aérobie de 7 semaines, une pause de 7 semaines a été suffisante pour que la capacité respiratoire retombe aux valeurs basales.

Une étude chez les personnes plus âgées propose que le désentraînement puisse même mener à une diminution des capacités en deçà des valeurs initiales. Dans ce cas-ci, le phénomène serait possiblement expliqué par l’effet de la diminution du volume d’entraînement combiné à celui de la sénescence et de la sarcopénie (atrophie musculaire due à l’âge).

D’ordre général, il semble que la détérioration des performances s’effectue de 2 à 3 fois plus rapidement que le gain engendré par l’entraînement.

Au niveau de la littérature, les études concernent principalement les athlètes et les jeunes et puisque le nombre de participant est généralement peu nombreux, le pouvoir de généraliser les mêmes conclusions aux plus âgés et nouvellement entraînés est limité.

En somme, entraînez-vous, soyez assidus et si vos vacances durent plus de 2 semaines, trouvez du temps pour bouger. Sans quoi, vous risquez de tout perdre et de recommencer à zéro…ou peut-être pas; à vous de choisir!

Par Charles Olivier
Collaborateur pour performances sports
Créateur de Home Fit


Références


Cardiorespiratory and metabolic characteristics of detraining in humans. Mujika I, Padilla S. Med Sci Sports Exerc. 2001 Mar;33(3):413-21. Review.

Short term and long term detraining: is there any difference between young-old and old people? Toraman NF. Br J Sports Med. 2005 Aug;39(8):561-4.



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