Pourquoi s'entraîner ?

La question la plus fréquemment posée par le commun des mortels sédentaires à un adepte de l’entrainement en salle est ; à quoi ça sert, pourquoi fais-tu ça. Au fil des années au gymnase, j’ai rencontré beaucoup de variété dans les réponses spontanées à cette interrogation telles la passion, la gestion du stress, le hobby, le social, l’esthétique, la pression d’un partenaire, la santé, etc. 

Cependant, dans l'univers sportif et professionnel, plusieurs autres motivations poussent des individus à perfectionner leur art par le biais de séances de musculation ou d’entrainement. Nous définirons donc cette pratique visant une tâche particulière comme étant de l’entrainement fonctionnel. Pour être qualifiée ainsi, la préparation physique doit être planifiée en fonction d’objectifs concrets d’amélioration de la performance ou de l’hygiène de vie. Attention aux puristes de la typologie, on ne parle pas ici précisément de ''Mouvement Fonctionnel'' mais plutôt d’entrainement spécifique/fonctionnel au sens large. Voyons ensemble quelques façons dont cela peut être fait:

D’emblée, ce qui nous vient en tête est l’accroissement pur de paramètres comme le V02max, la force, l’endurance, la puissance, la vélocité, la vitesse, l’impulsion, etc. Ces aspects de la capacité brute d’un athlète pourront éventuellement se transposer sur de multiples terrains comme par exemple un joueur de ligne offensive, un policier ou un sprinteur. Dans ce domaine, on utilise fréquemment la périodisation afin de faire correspondre la période de performances maximales à un événement compétitif. On peut aussi décider de développer ces aptitudes directement sur les lieux où l’athlète évolue comme le gazon, la piscine, etc. Afin de maitriser ces acquis, il faut pouvoir les allier aux demandes spécifiques de notre discipline.

Un autre domaine très populaire est le travail sur les capacités associées au système nerveux de l’individu. Du cerveau jusqu’au bout des doigts, améliorer son contrôle moteur, ancrer des patrons moteurs justes, mieux se situer dans l’espace et dans le temps, analyser la cinétique d’un objet en mouvement, favoriser une prise de décision rapide, accroître son équilibre et autres paramètres feront partie intégrante d’une recette gagnante afin d’exceller et même de gérer l’apparition de blessures. 

Cela ouvre la porte à l’entrainement préventif qui sera le salut de plusieurs jeunes et moins jeunes. Cela peut consister à manipuler l’amplitude de mouvement, veiller à l’équilibre structural, rétablir les instabilités articulaires, prévoir les blessures selon leurs prévalences dans le domaine précis où vous évoluez, renforcir des groupes musculaires très sollicités et sujets aux blessures.

D’autre part, l’étude du mouvement et de la biomécanique spécifique permettra de déceler l’implication critique de certains acteurs de votre physionomie. On peut penser à un muscle précis ou à un groupe plus ou moins étendu qui participe activement et qui est un indice de la performance physique d’un effort particulier. On peut penser à la biomécanique de la course, du saut, de la frappe, de la nage, du lancer, etc. Certains entraineurs pourront donc agir en sollicitant des muscles séparément pour qu’ils agissent de concert une fois sollicités ou encore pourront mimer un patron naturel par un exercice conventionnel ou simplement le reproduire authentiquement en accroissant la difficulté de ce dernier avec des outils appropriés.

Sans aucun doute, on mise également sur l’entrainement fonctionnel au niveau métabolique afin de moduler notre physiologie, de façonner notre composition corporelle, d’optimiser l’utilisation de certains substrats énergétiques, de perfectionner la gestion de l’énergie au cours d’une épreuve, d’accroître notre période d’autonomie, de fonctionner malgré des températures extrêmes, etc. Vu d’un autre angle, on doit apprendre à gérer la fatigue physique afin d’être fonctionnel au moment opportun comme par exemple lors d’un coup décisif à la suite d’un long échange au tennis ou un sprint à la fin d’une étape du Tour de France. On peut donc évidemment inclure l’entrainement psychologique de toute sorte qui majorera la résistance à la fatigue et aux circonstances difficiles ; gestion du stress, tolérance à la douleur, résistance aux températures extrêmes, confiance en soi ou en ses coéquipiers, visualisation, etc. 

Pour les travailleurs ou les citoyens ordinaires, s’entrainer peut avoir un sens très important ; la santé générale. La composition corporelle influence plusieurs aspects concernant la santé, quoi que nous pourrions en discuter sans limite, contentons nous seulement d’une courte énumération de quelques aspects fonctionnels et médicaux de l’exercice en général; maintient d’une posture ergonomique durable, sensation de bien-être favorisant la performance intellectuelle et la capacité de concentration, prévention de blessures dues à des mouvements répétitifs, meilleure homéostasie du glucose, protection du système cardiovasculaire, gestion du pourcentage de gras, bilan hormonal favorable, amélioration du sommeil, de la vie sexuelle et de l’humeur, maintient de la masse musculaire, maintient de la qualité des os et des tendons, etc.

En résumé, il existe une multitude de façons d’améliorer sa condition ou sa performance, la clé est de choisir les bons moyens d’y arriver et d’approcher la progression sous plusieurs angles, parfois non conventionnels.
Faites confiance à l’équipe Performances-Sports afin de vous guider dans l’atteinte de vos objectifs fonctionnels. Nous vous aiderons à choisir les bons outils et techniques afin d’optimiser vos performances !

 

Par Antoine Boulanger Piette
Candidat à la maîtrise en physiologie
Rédacteur pour Performances Sports



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