Paléo: les origines

Les origines de l’alimentation du paléolithique

Cet article a été écrit en ne tenant pas compte des sites Internet et des blogues sur le sujet. La littérature scientifique est l’unique source d’informations utilisée. L'alimentation du paléolithique est l'expression employée pour désigner l'alimentation de l'homme préhistorique.

Nos habitudes alimentaires et la diminution de l’activité physique jouent un rôle déterminant dans la venue, sur un mode pandémique, des maladies dites de la civilisation (ex. : coronaropathie, hypertension, diabète de type 2, etc.). Surprenamment, ces maladies sont inexistantes au sein des rares populations de chasseurs-cueilleurs contemporains qui n’ont pas été encore en contact avec le mode de vie occidental. Le mode de vie de ces dernières semble n'avoir guère évolué depuis le paléolithique supérieur (il y a environ 40 000 ans!) (Chauveau et al., 2013; Eaton et al., 2000).

Certains chercheurs ont associé cette situation déplorable actuelle aux changements rapides et fréquents que subit notre environnement depuis les dernières décennies. Ce qui est intriguant, c’est que contrairement à notre environnement et surtout à l’industrie alimentaire (donc à l'alimentation des gens!), notre génome lui (l’ensemble de nos gênes), n’a pratiquement pas changé. Ce qui nous mène à dire que socialement, nous sommes bel et bien au 21e siècle, mais que génétiquement, nous sommes restés au paléolithique supérieur. Certains croient que c’est ce décalage temporel entre génome et environnement qui expliquerait le raz-de-marrée actuel des maladies de la civilisation (Eaton et al., 2000). On peut en partie associer l’avènement et la popularisation de la diète paléolithique à ces explications plutôt rationnelles. Par contre, ce n'est pas tout le monde qui s'entend sur les faits mentionnés précédemment et plusieurs variables ainsi que l'évaluation du contexte sont à prendre en considération.

Ce qu'ils mangeaient dans le passé...

Si l’on fait un retour dans le passé, la littérature scientifique nous révèle que les aliments typiquement consommés à cette époque étaient des fruits mûrs et sucrés, des petits fruits,  de la viande,  des poissons, des coquillages, des insectes, des larves, des œufs, de la moelle osseuse d’animaux, des racines, des bulbes, des noix et des  graines autres que les graminées. Étrangement, ce type de nourriture procure environ 25% de l’apport énergétique de l’individu typique vivant à notre époque. Ce qui veut dire que dorénavant, la majorité de notre énergie quotidienne provient des grains, des produits laitiers, des sucres, des gras raffinés et des légumes.  Par ailleurs, le discours de certains organismes reconnus en matière de nutrition et les fondements de l’alimentation du paléolithique peuvent se rejoindre sur divers aspects. Par exemple, consommer moins de sodium et de sucres raffinés en combinaison avec une alimentation plus riche en fruits et légumes.

Techniques d'analyse

Les techniques utilisées pour la reconstitution typique de l’alimentation des « anciens humains » sont principalement basées sur l’analyse de leurs dents, mais également sur la taille et la structure de la mâchoire. L’exploration des sites de campement par les anthropologues permet de mettre en évidence des restants d’os d’animaux et de poissons qui ont été consommés, de même que l’outillage utilisé afin de dépecer et d’apprêter ces derniers. Par ailleurs, avec les nouvelles technologies d’analyse dentaire microscopique et des techniques d’analyse chimique, nous pourrions être surpris de la diversité de l’alimentation de nos ancêtres. De plus, les ratios des macronutriments (protéines, glucides et gras) retrouvés dans l’alimentation de ceux-ci semblent varier en fonction des sites historiques étudiés et des méthodes d’analyse utilisées.

 

Pour terminer

Il y existe plusieurs versions de l’alimentation du paléolithique qui peuvent être trouvées sur Internet, dans des livres, des blogues, etc. Ces sources sont-elles toujours fiables? Certaines sources scientifiques ont suggéré que l’apport en glucides n’était peut-être pas aussi bas que l’on croit.

Comme mentionné, l’article présent à été produit uniquement en se basant sur la littérature scientifique disponible sur le sujet. Par ailleurs, on attend encore impatiemment les études scientifiques qui auront comme participants des sportifs! Plusieurs sportifs de maintes disciplines ont déjà adopté cette alimentation.


Par Steven Couture
, M.Sc, Dt.P
Nutritionniste sportif
Éditeur chez Performances Sports

26 juillet 2013


Références

Frassetto, L. A., Schloetter, M., Mietus-Synder, M., Morris, R. C., Jr., & Sebastian, A. (2009). Metabolic and physiologic improvements from consuming a paleolithic, hunter-gatherer type diet. Eur J Clin Nutr, 63(8), 947-955.

Lindeberg, S. (2005). [Paleolithic diet and evolution medicine: the key to diseases of the western world]. Lakartidningen, 102(26-27), 1976-1978.

Cunningham, E. (2012). Are diets from paleolithic times relevant today? J Acad Nutr Diet, 112(8), 1296.

Chauveau, P., Fouque, D., Combe, C., & Aparicio, M. (2013). [Evolution of the diet from the paleolithic to today: Progress or regress?]. Nephrol Ther, 9(4), 202-208.

Kowalski, L. M., & Bujko, J. (2012). [Evaluation of biological and clinical potential of paleolithic diet]. Rocz Panstw Zakl Hig, 63(1), 9-15.

Eaton, S. B., & Eaton, S. B., 3rd. (2000). Paleolithic vs. modern diets--selected pathophysiological implications. Eur J Nutr, 39(2), 67-70.



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