Propriétés méconnues

La créatine n’a pas seulement des effets sur la force ou l’hypertrophie des muscles comme on pourrait le croire. Elle est associée à d’autres effets plus ou moins connus qui ne sont pas toujours positifs dépendamment du contexte d’utilisation.

Récupération suite à une blessure et potentiel antioxydant

Certains résultats d’études ont démontré que la supplémentation en créatine peut être bénéfique aux athlètes blessés. En effet, les chercheurs ont remarqué qu’une certaine protéine le GLUT4 qui joue un rôle de transporteur de glucose régulé par l’insuline fait face à une baisse inévitable de sa concentration lors de l’immobilisation d’un athlète. La consommation de créatine semble pouvoir atténuer la baisse de concentration du GLUT4, ce qui aurait permis de maintenir un taux de glycogène et un contenu en créatine élevés dans les muscles touchés. Des conclusions d’études ont également démontré que l’ingestion de créatine suite à un entrainement a permis d’éviter les dommages musculaires sévères et ainsi favoriser le processus de guérison.  Si on aborde le côté plus spécifique du système immunitaire, certains supposent que la créatine procure des effets antioxydants et par le fait même a le pouvoir d’éliminer certains radicaux libres. Ces propriétés antioxydantes de la créatine sont liées à la présence de l’acide aminé arginine dans la molécule, voire possiblement celle de la glycine. Récemment, des chercheurs ont démontré que la créatine diminuait l’oxydation de l’ADN suite à un protocole exhaustif d’entrainement en résistance.

Amplitude de mouvement

Quelques études récentes ont démontré un impact négatif sur l’amplitude de certains mouvements suite à la consommation de créatine. Une phase de charge en créatine semble diminuer l’amplitude de mouvement au niveau de la cheville, de l’épaule et de certains mouvements qui impliquent des extensions. La rétention d’eau intracellulaire causée par la consommation de créatine explique le manque de flexibilité ou la résistance à l’étirement. Les auteurs soulignent qu’il est possible que ces effets s’atténuent après plusieurs semaines lors de la phase de  maintenance en créatine. Cette hypothèse est logique puisque les doses en créatine durant la phase de maintenance sont moindres.

La créatine pour la santé et la fonction cognitive

Rawson et Venezia (2011) ont mis en évidence que la concentration en créatine du cerveau semble être en lien avec une amélioration des performances neuropsychologiques. Ils rapportent également que la supplémentation en créatine est associée à l’augmentation du contenu en créatine du cerveau. Intéressant n’est-ce pas? Dans ce même « review », l’ingestion de créatine chez les personnes âgées semblent procurer des bénéfices sur la résistance à la fatigue, la force, la masse musculaire, la densité osseuse et la performance générale dans les activités de la vie quotidienne. Il est clair que plusieurs variables sont à prendre en considération lorsqu’on fait allusion à ces possibles bénéfices, notamment la nutrition, l’ethnie et bien sûr les dosages de créatine utilisés.

Des études sur des animaux et des modèles cellulaires sont en cours en lien avec les maladies dégénératives, certaines pistes nous permettent de croire à de potentiels bénéfices de la créatine face à celles-ci…à suivre!

 

Par Steven Couture
Nutritionniste sportif
Éditeur chez Performances Sports


Références


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